« Le Christ est ressuscité !     En vérité, Il est ressuscité !»

Le nationalisme religieux : une hérésie ?

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Oui –

On appelle hérésie le fait de choisir, au sens étymologique, un aspect de la vérité au détriment de celle-ci prise dans sa totalité ou « catholicité ». Une hérésie, du point de vue de la Foi, déforme le message et le rend vite incompréhensible et inutilisable. L’histoire du Salut est marquée par de nombreuses déviations. Les prophètes ont dénoncé l’idolâtrie ; l’histoire de l’Église a souffert gravement de l’hérésie arienne, réduisant le Christ à une créature supérieure. Il existe d’autres déformations, qui semblent étrangères aux questions de foi, comme l’injustice sociale, l’exploitation des personnes, la destruction de la Création, la confusion entre l’Église et l’État et l’instrumentalisation de l’un par l’autre, les guerres prétendues saintes, les violences de toute sorte… Ce sont pourtant des positions incompatibles avec la foi biblique et ecclésiale : l’hétéropraxie signale l’hétérodoxie !

L’idolâtrie nationale

La nation est une valeur incontestable. Chaque culture est appelée à la transfiguration. Chaque peuple est invité à louer le Seigneur avec ses propres dons. L’évènement historique de la Pentecôte a valorisé à jamais la multiplicité culturelle de la confession de la Foi. Mais, lorsque le culte de la nation devient plus important que la Foi, c’est une hérésie, le choix d’un bien au détriment du message divin lui-même. Le nationalisme religieux s’est manifesté fréquemment et à diverses époques. Il finit souvent par justifier des comportements incompatibles avec la pensée divine, telle qu’elle est en particulier exprimée dans le saint Évangile : l’oppression d’autrui, l’amour de la guerre, l’asphyxie de la liberté de pensée, l’extension du pouvoir politique à tout prix, et autres symptômes de l’hétéropraxie !

L’hérésie du phylétisme

Le patriotisme est une valeur. Le « phylétisme » ou « ethnophylétisme » est l’hérésie qui place la nation ou la patrie comme normes de la vie d’une Église, quitte à imposer ses mobiles aux autres communautés ecclésiales et à envahir leur territoire pour leur imposer son administration. Cette confusion entre l’Église et la nation, a été condamnée comme hérésie par le concile de Constantinople, tenu le 10 septembre 1872. Une Église locale est l’Église d’un territoire, non d’une nation. Et le développement de l’hégémonie nationale sur d’autres peuples avec pour instrument la théologie chrétienne tournée en idéologie relève de la même dénonciation, notamment quand elle en vient à justifier une guerre.

(a.p. Marc-Antoine)