« Le Christ est ressuscité !     En vérité, Il est ressuscité !»

Prière du Cœur et la sanctification de soi

archimandrite Sophrony

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Il y a d’autres formes de prière – 

La prière dite “de Jésus” ou “du Nom de Jésus”, dite encore “prière hésychaste”, n’est pas le seul moyen pour la personne humaine de se sanctifier. La sanctification de la personne créée est le fruit de plusieurs paramètres: la foi dans le Seigneur Jésus, Fils unique et Verbe de Dieu; l’obéissance à ses préceptes de vie, appelés “commandements”; la participation à l’expérience des saints qui ont vécu selon la tradition apostolique et patristique, ce qui est contenu principalement dans l’expérience liturgique et ascétique de l’Eglise des Pères.

L’enseignement du Maître

Le Sauveur Jésus Christ a résumé la voie de la sanctification par l’amour de Dieu et l’amour du prochain. En reconnaissant Jésus comme Seigneur, nous pouvons avoir accès au Père céleste dans l’Esprit saint. En suivant son enseignement, nous nous montrons les disciples du Maître et nous participons à la grâce du saint Esprit qui l’habite: cette participation à sa vie divine et humaine trouve son accomplissement dans la communion eucharistique. L’expérience des saints est d’un grand secours parce qu’elle confirme à chaque génération la vérité évangélique.

La puissance du Nom

La prière “hésychaste” est toutefois présentée dans la tradition de la Philocalie comme la voie souveraine de la sanctification, en raison de la puissance attribuée au Nom. Le Nom de Jésus nous met en communion avec sa Personne divine; il est saturé des énergies divines; en le prononçant continuellement, la personne créée s’imprègne de lui, elle se l’assimile, elle fait habiter la Personne même du Sauveur à l’intérieur de soi, appelé “cœur” et devenu ainsi un temple non fait de main humaine pour y vénérer la Divinité. Cette prière est associée, non seulement à la réalité de la Personne divine, mais à celle de la personne humaine. C’est la personne tout entière qui prie.

Comme prière exclusive

Certains ascètes la disent de façon exclusive. Dans leur expérience, cette prière et la force du Nom, incluent toutes les formes possibles de prière ; elles comprennent tout le patrimoine des psaumes; elles sont la synthèse du saint Évangile; elles constituent une liturgie intérieure; l’assimilation du Nom a une profondeur eucharistique. Celui et celle qui prononcent le Nom de Jésus avec amour et ferveur, dans le jeûne et la veille, se nourrissent et s’abreuvent de la vie de leur Seigneur. Il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’une répétition, encore moins d’une répétition mécanique.

Pas de répétition

Chaque prononciation du Nom et de la prière qui le porte est unique. La quantité ne compte que comme incitation à une attention toujours plus grande, une concentration toujours plus aimante et exclusive. Aucune pensée, aucune représentation, n’a plus alors sa place dans la conscience et le cœur de celui qui prie. Ce mode d’existence est appelé “prière pure”. L’union au Nom et à la Personne à laquelle celui-ci est connecté est une communion totale, sans confusion pourtant, la Personne divine et la personne humaine demeurant distinctes. En Dieu même les Personnes, ou Hypostases, sont unies sans confusion.

Prière pour le monde

L’expérience tout à fait spécifique de la Prière du Nom de Jésus, si elle comprend, pour certains, toutes les formes de prière, peut, selon d’autres, s’élargir dans la prière pour les vivants et les défunts; dans la prière adressée à la Mère de Dieu et aux saints; dans la prière pour le monde. Elle peut également s’élargir en prière de louange car on sait que supplication et louange sont les deux registres de la prière biblique et liturgique. Ces nouveaux modes de prière du cœur sont toujours possibles avec l’accompagnement d’une personne expérimentée.

Le repentir

Mais, redisons-le, pour un bon nombre d’ascètes, la prière hésychaste stricte – “Seigneur Jésus Christ Fils de Dieu aie pitié de moi pécheur!” – inclut le souci du monde, du prochain, des vivants et des défunts. Pourquoi? – parce que cette prière rend possible l’acquisition d’une grande grâce, celle du repentir. Or, celui ou celle qui connaît le repentir connaît la réponse fondamentale à la mort, à la souffrance, à la guerre, à l’oppression, puisque seul le repentir anéantit le péché. La prière de repentir contribue au salut du monde et de la Création. De plus, on ne peut pas omettre le fait que la première partie de la Prière – “Seigneur Jésus Christ Fils de Dieu” – est en réalité une confession de foi et une louange.

L’accompagnement

La pratique de la prière intérieure a besoin d’être accompagnée par une personne expérimentée. Elle est un art, une méthode, une expérience. Comme dans toute pratique, on peut se tromper. On peut également être le jouet d’illusions diaboliques, car le Malin veille et nuit autant qu’il le peut au Salut de ceux qui veulent se sanctifier en Dieu. Ce n’est pas une obligation, car il n’y a pas d’obligation ou de règle dans ce domaine. C’est une question de bon sens et de prudence. C’est surtout une question d’amour, car la prière est un art d’aimer. Il y a des personnes qui veulent apprendre le piano sans maître. On connaît des personnes qui ont perdu leur temps ou même leur âme en s’étant égarées dans une conception erronée: elles ont prié, ou médité, en concentrant peut-être leur esprit, mais sans connaître l’amour.

Apprendre à aimer

L’expérience hésychaste, expérience de la méditation chrétienne, bénéficie de générations de personnes qui l’ont connue et dont la science ascétique nous est profitable. À ce titre, il est plus utile d’avoir un conseiller vivant et présent à côté de nous que de lire tous les livres. Cette personne aimant le Seigneur Jésus nous apprendra peut-être à aimer à notre tour de toutes les puissances de notre être. La lecture nous est utile quand elle nous est conseillée, car certains textes ne sont peut-être pas encore pour nous et pourraient être une occasion de chute. À notre époque, nombreux sont ceux et celles qui ont appris la Prière au monastère Saint-Jean-Baptiste en Angleterre, quelquefois de saint Sophrone le Nouveau lui-même, l’Ancien de cette communauté orthodoxe.

(a.p. Marc-Antoine)
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