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La liberté d’expression

Le saint Évangile –

Le Christ est l’exemple typique de la liberté de parole. Il est également celui qui assume toutes les conséquences de cette liberté. Héritier des prophètes, Il annonce la vérité sans l’imposer et Il dénonce l’erreur sans dénoncer les personnes. En tant que Parole divine faite chair et faite homme, Il se montre parole libre, et expression libre dans la liberté de l’Esprit. La liberté d’expression est fonction du charisme prophétique et elle est scellée par le sang de la Croix. (Re)lisons l’Évangile, nous y trouvons le message et l’exemple d’une parole libre et libératrice.

Liberté conjuguée

Comme toutes les formes évoluées de la liberté, celle d’exprimer sa pensée et sa foi, comme celle de dénoncer l’injustice et l’oppression, ne sont pas des libertés étroitement individuelles. Elles sont en synergie, au sein de la communauté sociale, avec toutes les autres formes que prend la liberté d’expression. Pour cette raison, aucune liberté ne peut devenir oppressive sans perdre à l’instant son caractère de liberté. La liberté d’expression, de pensée et de parole se crucifie à la liberté d’expression d’autrui, par amour, par respect, par liberté, justement. Dieu lui-même aime la liberté de pensée des personnes créées. Il ne bâillonne par la parole des autres : quand Il se laisse réduire au silence, c’est pour aimer encore davantage.

La vigilance

La liberté de pensée ne suffit pas. Elle veut celle de la parole : dire ce que l’on pense, dire sa foi font partie des charismes que l’être humain reçoit du saint Esprit dès l’origine du monde et qu’il renouvelle dans le saint baptême. Tous les jours, nous sommes appelés à nous exprimer librement et à lasser les autres parler selon leur conscience. La liberté de foi, de pensée et de parole ne suffisent pas. Elles demandent la liberté de vivre selon sa conscience. Vertu et charisme typiquement chrétiens, elle n’a pas toujours, et n’est pas toujours exercée avec talent ! Tous les jours, nous sommes vigilants à ce que les semences d’oppression, d’origine diabolique, ne fructifient pas dans notre cœur. Et nous apprenons à nos enfants à être libres et à aimer la liberté des autres – à supporter la différence d’autrui sans pour autant se rien jamais laisser imposer contre sa conscience. L’exemple des martyrs est éloquent. Un très mauvais exemple est celui de ceux qui voulurent et veulent obliger les autres à penser et à croire comme ils croient. Suivons le Christ et son évangile…

La laïcité

Liberté de pensée, de parole et de vie va avec liberté religieuse. En 313, les empereurs Constantin et Licinius, dans un édit célèbre, ont voulu « donner, aux chrétiens comme à tous, la liberté et la possibilité de suivre la religion de leur choix » ; « la même possibilité d’observer leur religion et leur culte est concédée à tous les citoyens, ouvertement et librement » (Lactance, De la mort des persécuteurs, cerf, « Sources chrétiennes » n. 8). Le même principe  a été rappelé récemment par le président Macron : « la laïcité en République française, c’est la liberté de croire ou de ne pas croire, la possibilité d’exercer son culte à partir du moment où l’ordre public est assuré. La laïcité, c’est la neutralité de l’État et en aucun cas l’effacement des religions dans la société et dans l’espace public. La laïcité, c’est le ciment de la France unie. Si la spiritualité relève du domaine de chacun, la laïcité est notre affaire à tous »

(Discours aux Mureaux. Le Figaro, 2 octobre 2020)