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Lutter pour la patience

L’impatience nous sépare du Dieu Amour –

Comme tous les péchés et toutes les passions, l’impatience est incompatible avec l’amour et avec l’amour en Personne qui est le Christ. Par l’impatience, nous nous séparons et nous éloignons de notre Seigneur bien-aimé, Lui qui est d’une patience sans mesure… C’est le plus important, sans compter même les conséquences que l’état d’impatience a sur notre entourage, avec l’irritation, la colère, et quelquefois la violence qui l’accompagnent.

Le mauvais amour de soi

Il semble que, derrière l’impatience, il y a, soit le désir de pouvoir, soit une déception, la frustration de ce qu’on croit pouvoir attendre d’autrui, quelquefois une frustration affective. C’est toujours le mauvais amour de nous-même qui engendre cette passion comme il engendre les autres. L’impatience est le signe d’une personne déconnectée du Christ, l’image à laquelle l’homme est créé afin de lui ressembler. Comme les autres passions elle signale un espace, une distance entre le Seigneur et nous ; elle est le symptôme d’une personne non encore advenue, d’un individu, d’une personnalité repliée sur une fausse identité.

Quelques remèdes

– l’aveu ou confession de ce péché; c’est un remède parce que vous vous désolidarisez de l’état d’impatience, vous le reniez, vous finirez par le détester et le haïr, l’éloignant ainsi définitivement de votre vie avant la fin – de façon à ne pas mourir avec et en être tourmenté dans l’au-delà!

– la glorification de la patience divine par cette prière: “gloire à ta divine patience, Seigneur Jésus, gloire à toi!” Nous pouvons dire cette prière très fréquemment, longuement, jusqu’à sentir notre cœur se briser de nostalgie et de la tristesse d’être si loin, non seulement d’une qualité divine, mais du Christ lui-même. Abîmons-nous dans cette glorification… Car notre propos n’est pas tellement de lutter contre l’impatience: il est de nous unir par amour à la patience de Dieu manifestée dans son Fils, comme l’écrit saint Jean Climaque. Sain Justin (Popovic) dit que celui qui acquiert un attribut divin acquiert le Christ total.

– la bénédiction des personnes qui nous impatientent. Le Christ nous a appris à bénir nos ennemis et ceux qui nous persécutent. Or les malheureuse personnes qui nous entourent et que le Seigneur a placées près de nous pour que nous les aimions et nous laissions aimer d’elles, deviennent, presque, et quelquefois vraiment, des ennemies. L’impatience, nous privant de l’amour, nous rend les autres détestables.

– la demande de pardon adressée à ces personnes si elles ont vu notre chute (“pardonne-moi mon impatience…”) ou adressée à Dieu (“Pardonne-moi pour ton serviteur N…, Seigneur Jésus, pardonne-moi!”

– la demande adressée à Dieu de nous montrer quelle est la mère de l’impatience qui se manifeste en nous. Le Seigneur, en vrai thérapeute, nous dira la cause de cette passion, et nous serons surpris, car nous attribuions souvent la source de cette maladie à une tout autre origine que, par exemple, l’esprit de domination ou la frustration d’un désir.

– enfin: faire des offrandes à ces personnes qui nous ont impatientés (cadeau, fleurs, friandise, temps, sourire…) ou à Dieu pour ces personnes (cierge, argent, fleurs, pain, vin, huile, encens…). Exerçons-nous à faire du bien à ceux qui nous ont impatientés, à dire du bien et à penser du bien d’eux.

Thérapeutique des maladies de l’âme

Les péchés et les passions sont des maladies de l’âme. Mais quelquefois ils s’implantent et se développent en nous avec notre complicité et deviennent alors des fautes qui requièrent le pardon. Le repentir, et le pardon auquel il ouvre, sera la meilleure thérapie de ces pathologies et de ces fautes avant qu’elles ne nous forment une seconde et fausse nature. Il ouvre également à une thérapeutique des maladies de l’âme, une éducation de l’âme aux dispositions qui peuvent l’épanouir, comme on le fait pour le corps.

La sainte impatience

Il est une louable impatience, qui nous fait languir après l’amour véritable du Christ. Les saints sont impatients de jouir du Royaume. Il leur tarde de connaître le bonheur en Dieu. Leur impatience se mue en patience en raison de la foi qu’ils mettent dans le Fils qui supporte tout par amour pour le Père et pour les hommes.

(a.p. M.-A.) – 25/10/2021