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La fête nationale française du 14 juillet. Regard historique et spirituel

L’unité nationale – 

Tous les États du monde ont une fête nationale, quel que soit leur régime politique. En général, il s’agit de fêter un évènement heureux, qui touche tout le monde, qui a trait  à l’histoire et à la culture d’une nation,  et qui rassemble les gens, les unit. Dans l’ancienne France, c’était soit la fête de saint Michel, le 1er patron de la France, soit, à partir du 17ème s., le 15 août, la fête de l’Assomption de Marie. C’était conforme à la nature même de la France, chrétienne et royale. La Révolution française, qui s’est faite contre le roi « très chrétien » et contre l’Eglise, c’est-à-dire contre Dieu, ne pouvait évidemment pas conserver ces symboles. Il a fallu en trouver d’autres qui correspondaient à l’idéologie républicaine.

La fête nationale

La fête nationale du 14 juillet a été instituée très tard, en 18801, après  des débats houleux à la chambre des députés, qui étaient effrayés par le caractère sanglant de la prise de la Bastille. Il a fallu leur rappeler, habilement, que le 14 juillet était également  l’anniversaire de la fête de la Fédération, du 14 juillet 1790, qui, au fond, était la fête de la monarchie constitutionnelle ! Alors, les députés ont voté la loi. Mais, dans les décennies qui suivirent, et jusqu’à nos jours, l’accent a été mis sur la prise de la Bastille, en tant qu’évènement révolutionnaire symbolisant  la disparition de la Royauté et de l’avènement de la République.  Parlons-en.

La Bastille

C’était une vieille prison, intégrée dans le système des fortifications de Paris sous Charles V,  au 14ème s. Elle était obsolète, coûteuse  à entretenir, et l’administration royale de Louis XVI prévoyait de la supprimer.  Quant aux fameuses « Lettres  de cachet », tellement décriées par les Encyclopédistes, les Révolutionnaires et  les « Républicains »,  elles permettaient de soustraire des condamnés à la justice ordinaire, qui était beaucoup plus sévère que celle du roi (on pouvait avoir une bibliothèque à la Bastille et se faire servir des repas par un traiteur… ).Seule exception : les atteintes à la personne du Roi et les crimes de lèse-majesté, qui étaient sévèrement réprimés.

Le massacre

Il y avait, en juillet 1789, 7 prisonniers à la Bastille,  et tous de droit commun, c’est-à-dire des malfaiteurs : peu de nations de l’époque pouvaient en dire autant. Ils étaient gardés par petit détachement de gardes-suisses, commandés par un noble. La foule, conduite en fait par les bourgeois et des nobles ayant trahi leur roi, prit la forteresse, mal gardée, et pilla les dépôts d’armes (c’était le but). Mais, et c’est là que les choses deviennent graves au plan spirituel,  elle tua les 7 prisonniers (qui subirent donc une double peine), massacrèrent les gardes suisses et leur chef, qui pourtant s’étaient rendus en hissant le drapeau blanc (le gouverneur eut la tête tranchée et piquée au bout d’une lance). C’était une injustice et une indignité : ces comportements ne sont pas à l’honneur de notre peuple.

Un génocide

La Révolution commençait mal… Et elle continuera à opprimer ceux qui ne pensaient pas comme elle, à emprisonner,  torturer et tuer, commettant le 1er génocide connu de l’histoire contemporaine, celui des Vendéens (200 000 morts), à persécuter les Chrétiens, en détruisant d’innombrables  sanctuaires chrétiens (dont le tombeau de saint Martin et celui de sainte Geneviève) et des reliques de saints, et en volant les biens d’Église.

Pas de repentir

Et les tenants de cette idéologie, ainsi que  nos gouvernants, qui s’en réclament constamment, ne se sont jamais repentis de ces meurtres, de ces exactions et de ces vols, niant même le fait qu’ils aient existé. On ne peut vraiment pas dire que cette « fête » rappelle un souvenir heureux, ni rassemble notre peuple dans la paix. Voilà pourquoi, bien qu’aimant mon pays et étant patriote (je suis officier de réserve, comme le fut mon père et  comme le sont  mes frères), en tant que Chrétien et prêtre, je ne peux pas cautionner ces horreurs. Mais cela n’engage que moi-même.

1- un an après la prise du pouvoir parlementaire par la gauche « républicaine », majoritaire après une longue période de majorité royaliste.

Père Noël Tanazacq