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Ouverture du cœur : que faire ?

Confesser ses fautes –

Les croyants ont toujours été confrontés à cette question. Le cœur de l’homme est souvent dur, sec, froid, glacé, ce qui est le symptôme du péché qui nous éloigne du Seigneur Dieu, de son amour et de sa vie. Bien sûr, le sacrement de la confession répond à cette question. En demandant à Dieu, dans la prière de saint Éphrem, par exemple, de nous montrer nos péchés, et en acceptant honnêtement de reconnaître la vérité dans ce que Dieu nous montre ; en ayant le courage de nous humilier devant Dieu ; en brisant le mur de la honte pour avouer nos fautes devant le Seigneur et devant le témoin qu’est le prêtre, quelque chose de notre endurcissement peut, en quelque sorte lâcher. Le projet même de confesser ses péchés est un début d’ouverture du cœur.

L’émerveillement

Dans le sacrement de la confession des péchés nous sommes initiés au mystère de la miséricorde divine : cette révélation devrait pouvoir toucher notre cœur, tout de même ! Dans cette démarche, il se passe également un miracle : la divine absolution de nos péchés. Ce don gratuit de la part de Dieu (« ce que vous délierez sur terre le sera dans les cieux ») est merveilleux. Si nous laissons notre cœur se remplir d’émerveillement et de gratitude, ce sera pour lui l’occasion de s’ouvrir et de s’amollir un peu ou beaucoup ! Pourtant le sacrement n’ouvre pas par lui-même ce cœur, même s’il y contribue. Aucun sacrement n’ouvre automatiquement le cœur de l’homme. Mais tous les sacrements demandent que l’homme s’y engage avec un cœur ouvert!

La prière du cœur

La tradition hésychaste enseigne que l’homme peut s’exercer dans la prière à unir son intelligence à son cœur. Mais si le cœur n’est pas ouvert, l’intelligence – ou “esprit” – peut bien descendre jusqu’à lui, il ne se produira rien d’intéressant. L’intelligence ne peut s’unir à un cœur fermé. Toutefois, la prière elle-même, si elle cultive la sincérité et surtout la vérité, en ne se lassant pas d’une répétition incessante, de la supplication du mendiant aveugle de Jéricho; si elle est une supplication et un gémissement – “mets-toi à geindre, le cœur brisé”, dit le Seigneur (Ez. 21, 11); si elle est confrontée au désespoir de soi, au mur de sa propre absence, peut voir éclore et fructifier la fleur bénie du “cœur brisé” dont parle David dans son psaume (50, 19-20).

Notre impuissance

Rien d’automatique, toutefois; rien de causal. Tout est don. Tu peux t’efforcer de briser ton cœur par la supplication, en énumérant tes péchés, en multipliant les supplications; tu peux pratiquer l’aumône, t’humilier devant tes frères et accepter leurs humiliations; subir l’injustice et les offenses; souffrir de la part des ennemis; tu peux faire cent ou mille prosternations; tu peux jeûner: tu ne peux pas produire ce bienheureux brisement, cette sainte fissure dans la pierre de ton cœur. Les larmes ne se forcent pas avec l’oignon!

Le don d’un cœur pur

Seul le Seigneur, qui sait l’heure de la vie et de la mort de chacun, qui connaît le moment favorable à notre Salut, et qui sait exactement ce qu’Il peut attendre de nous, accorde, librement, généreusement, sans être forcé, sans être contraint, la grâce d’un cœur, qui était dur et gelé – un cœur de pierre – et qui, maintenant, fond et ruisselle comme au printemps. C’est pourquoi ce même Seigneur, qui a dit par son prophète: “déchirez votre cœur” (Joël 2, 13), dit encore: “Je vous donnerai un cœur nouveau” (Ez. 36, 26). Il n’y a pas de technique. Il y a la grâce, gratuite, comme son nom l’indique; mais il n’y a pas que la grâce: il y a la quête humaine, comme on le voit dans l’Évangile – l’histoire de la Samaritaine, par exemple -, où se trouvent les modèles parfaits de la connaissance et de l’expérience de Dieu.

Le feu du repentir

La grâce incréée qui sourd de la Divinité rencontre la liberté humaine, sans jamais en être le résultat ou l’effet; sans jamais non plus la déterminer. Dans le domaine de la connaissance, tout est liberté, potentialité, possibilité; rien n’est causé, rien n’est déterminé, rien n’est produit, tout est miracle et don. Nous chercherons par tous les moyens à briser notre cœur de pierre, et c’est le Seigneur qui, par sa grâce, nous en fera le cadeau! David le dit: “un cœur contrit et humilié, Dieu ne le méprisera pas!” (50, 20). En particulier, le grand cadeau sera celui du repentir, cette illumination de la conscience qui voit sa propre folie… Les sacrements eux-mêmes, pour être les grands sacrements de la Vie et de la vérité, demandent à être le lieu d’une authentique descente de l’Esprit en personne qui se rend présent par ses dons – une véritable et imprévisible, surprenante irruption de l’Esprit sous la forme du repentir: feu du cœur brûlant de la connaissance amoureuse de la Vérité; eau baptismale qui lave les souillures du cœur et sa polluante dureté; air et souffle porteur de colombe, qui oxygène le cœur d’un Esprit de paix et de révélation définitive.

> icône du Prophète David