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Je ne sens pas sa présence

Je crois qu’Il existe –

Vous croyez à l’existence de Dieu ; vous savez, par la foi, qu’Il existe : soyez béni ! Le Christ a béni à l’avance tous ceux qui vivront avec lui par la foi, quand Il a dit à l’apôtre Thomas que sont bienheureux ceux qui croient sans voir, sans toucher, sans ressentir. Il est des personnes de foi qui ont passé toute leur vie dans un pur amour pour le Christ, en pensant ne rien ressentir : en réalité, ces personnes ressentaient de l’amour ; or, Dieu est amour, comme le rappelle saint Jean, ce qui veut dire que si tu sens de l’amour pour sa personne, en fait tu sens qu’Il existe. Et la foi elle-même est un profond ressenti, quelquefois notre cœur se brise de confiance et les larmes nous viennent.

Le péché

Il est vrai que notre cœur, c’est-à-dire l’instrument profond de la connaissance, peut être asséché, incapable de ferveur, d’enthousiasme et d’amour pour Dieu et pour le prochain. L’absence de sensibilité intérieure est une conséquence du péché. Nous avons perdu le Paradis et la familiarité avec le Seigneur. Nous ne sentons plus sa présence. Notre cœur est sans réaction, c’est un cœur mort. Le monde est devenu opaque, comme dit Père Dumitru Stàniloae, c’est un monde de choses, et Dieu a été mis au rang des choses et des objets de connaissance. Tel est le péché : par quelle pensée, par quel sentiment, par quelle parole, par quel sentiment, par quel amour égoïste de moi-même, ai-je ainsi mis à mort mon âme et l’ai-je rendue insensible à la beauté, à la bonté et à la vérité ? Qu’ai-je fait, ou pas fait, qui me rende indifférent à autrui et étranger à Dieu. Savoir qu’Il existe : la belle affaire ! – si je ne sens pas qu’Il existe…

L’émerveillement

Nous pouvons partir de là : je sais qu’Il existe – je sais que Tu existes ! Je m’en émerveille. Je ne sens rien encore de ta présence et de ton amour, mais je sais que Tu existes et cela me met dans une grande joie. Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi ! Nous pouvons nous réjouir gratuitement de l’existence d’une personne que nous trouvons extraordinaire par sa beauté, par sa bonté, par la vérité de sa parole et de toute sa vie. Le Christ est ma joie… Humblement, je peux commencer par m’émerveiller : il en naîtra de l’amour et de la joie, un grand sentiment intérieur – si tu aimes, tu ressens l’existence de Dieu dans ton cœur.

Ressentir la grâce

Le saint Esprit rend à l’homme la capacité naturelle de ressentir la grâce divine. Le chemin est souvent celui du repentir : ô Dieu, crée en moi un cœur pur ! Renouvelle un esprit droit dans mes entrailles ! Le sacrifice agréable à Dieu est un esprit brisé ; ô Dieu, Tu ne dédaignes pas le cœur contrit et humilié !, dit le prophète David (ps. 50, 19). La grâce du repentir, avec celle de l’émerveillement, renouvellent le cœur de l’homme. Saint Siméon le Nouveau Théologien dit que nous ne pouvons pas passer notre vie sans avoir la connaissance expérimentale de la présence de Dieu par son saint Esprit.

La prière

Aspirons à ce tressaillement de nos entrailles ! Invoquons le Nom du Seigneur, et demandons-lui ainsi d’infuser en nous le sentiment de sa présence, ce sens profond et presque instinctif que nous avons peut-être perdu et qui nous est à nouveau promis : Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, fais miséricorde au pécheur que je suis ! Bienheureux ceux qui croient d’un cœur pur et sans toucher un salaire spirituel : oui ! Et, bienheureux ceux qui, par le saint Esprit, sentent leur cœur se briser de tendresse pour le Seigneur et s’enflammer d’amour pour lui et pour le prochain. Ils sont nés d’En haut et éprouvent l’amour de fils pour leur père et pour leurs frères.

> icône de saint Thomas