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Évangile du Jugement dernier : Matthieu 25, 31-46.

La fin des temps –

Le grand Carême commence par la fin de l’Histoire universelle. Il s’ouvre sur une superbe fresque, que décrivent les manuels d’iconographie : le Christ, souverain Juge, dans son apparition, suscite la crainte. La vision anticipée de la fin de tout commande l’itinéraire de foi que nous allons parcourir bientôt. Dans cette présentation théâtrale, chacun peut s’identifier à un personnage et s’entendre interroger à haute voix le Maître de la vie et de la mort et du temps qu’Il a lui-même créé et conduit au cours des siècles. Chacun peut tenter de se défendre devant le redoutable tribunal de la fin de tous les mondes. Il n’y a pas ces avocats sur lesquels nous comptions : les saints et les justes qui savent tout de nous. Les iconographes ajoutent la Mère de Dieu : mais la parole que nous entendons aujourd’hui ne l’évoque même pas.

La justice divine

Chacun de nous se trouve seul et désarmé devant l’implacable justice divine. Souvent, le discours chrétien, à notre époque, fait entendre une voix rassurante : Dieu est miséricordieux ; tous seront sauvés ; l’enfer n’existe pas ; Dieu est si bon, comment condamnerait-Il ? Ce n’est pas ce que dit la parole de ce jour. Elle dit que le Seigneur constate de façon implacable la façon dont nous avons conduit notre existence. La sanction divine, qui déçoit toute perspective rassurante, énonce les conséquences de nos mauvaises actions et de la coupable omission du bien que nous pouvions faire. Comment nous défendre ? Quoi présenter comme excuse ? Le grand Jugement ne prévoit pas de plaidoyer. Voici ce que récoltent les cœurs insensibles, et, au contraire, les cœurs généreux.

Le Salut

Toutefois, comme le saint Évangile ne dit peut-être pas tout, nous  pouvons oser échapper à la terrifiante issue de la justice suprême. Comme le dira le Bon Larron au pied de la Croix: « pour nous c’est justice », qui oserait dire le contraire ? La réponse à la justice divine est ainsi l’aveu de nos fautes ou de nos omissions. Disons : oui ! C’est vrai ! Plaidons coupable… Pour nous c’est justice ! Glorifions la justice divine et inclinons-nous devant elle. Gloire à ta justice, ô Dieu, qui s’accomplit pour moi ! Gloire à la manifestation de ta souveraineté et de ta gloire : rends-nous dignes de voir également l’éclat de ta miséricorde ! Nous recevons le salaire de nos œuvres et de nos manques : mais Toi, ô Dieu, Tu es le dieu qui fait miséricorde et qui pardonne. Montre-nous ta miséricorde, comme dit David (Ps. 84, 8), et nous serons sauvés !

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie » 3 mars 2019)