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Évangile du dimanche de Pâques : Jean  1, 1-17.

La salutation pascale –

Le Christ est ressuscité ! Enfin, nous retrouvons la joie de nous saluer ainsi ! Disons-le à ceux qui croient et à ceux qui ne croient pas encore : disons-le à la Création tout entière ; disons-le à la mer, aux montagnes, aux forêts, et qu’elles nous rendent notre salut : en vérité, Il est ressuscité !, répond la mer ; en vérité, Il est ressuscité !, répondent les forêts et les grandes montagnes. Qu’en écho, l’univers entier le répète : en vérité, le Christ est ressuscité ! Il est apparu aux belles myrrhophores et aux saints apôtres ; Il a marché sur le rivage du lac de Tibériade, et voilà la berge imprégnée des pas du Dieu Homme revenu d’entre les morts…

Le Seigneur venu dans son monde

Le Sauveur avait déjà arpenté ces lieux, comme Il avait marché dans Béthanie, Cana, Capharnaüm et Jérusalem. Mais c’est en vainqueur de la mort, vrai Dieu de vrai Dieu, Lumière de Lumière, qu’Il apparaîtra maintenant aux saintes myrrhophores et à sa propre mère, ainsi qu’aux apôtres et aux disciples. Saint Jean le dit dans le prologue que nous venons d’entendre en ce glorieux dimanche de Pâques : le Verbe « est dans le monde » ; « Il est venu dans le monde » ; « Il est venu chez lui » ; « le Verbe est devenu chair et Il a dressé sa tente parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire de Fils unique engendré du Père ». En écoutant ce prologue dans la puissance de l’Esprit, nous cessons de nous demander pourquoi il est lu aujourd’hui.

La victoire sur la mort

Nous attendions un récit de la Résurrection, et nous écoutons une proclamation de l’Incarnation. Pourquoi donc ? – la venue du Verbe dans le monde qui lui appartient, son devenir-chair, son humanisation, sa déification de l’homme, la confrontation de sa Personne de Lumière à la ténèbre – ce redoutable singulier du grec –, à l’opacité compacte du refus de l’amour divin, explose finalement dans la Résurrection. L’Incarnation fait éclater, comme on le voit sur l’icône du grand Samedi, les verrous qui retiennent captifs les vivants endormis depuis les siècles. La Résurrection prouve l’Incarnation. La victoire sur la mort humanise l’homme.

Incarnation et Résurrection

Nous lisons aujourd’hui la proclamation prophétique du saint apôtre et évangéliste Jean le Théologien : celle-ci ne prononce pas le mot de résurrection. Mais il est clair, pour qui écoute l’Esprit, comme l’on fait les saints organisateurs du lectionnaire de l’Église, que la Résurrection est le sceau apporté à l’authenticité du devenir chair et du devenir homme du Fils unique engendré du Père. Devenir homme, c’est entrer dans la condition humaine de façon totale, sans réticence, sans réserve, sans condition, et aller jusqu’au bout de la condition humaine, la mortalité, et au-delà de ce terme lui-même, dans la vraie vie.

De la corruptibilité à l’incorruptibilité

Le Fils et Verbe du Père devient homme pour, là où Il la trouve, entraîner l’humanité dans l’au-delà d’elle-même. Il se fait chair et Il transporte cette chair au-delà des limites de la corruption. La déification de l’humanité et de la chair par l’Incarnation culmine dans l’incorruptibilité. Il a rappelé Lazare son ami depuis la corruption, mais Il a, Lui, transgressé la loi de corruption en promouvant l’incorruptibilité de l’homme. Le Christ est ressuscité ! Le Christ est l’homme incorruptible dans ce monde et dans celui qui vient !

a.p. M.-A. « Lumière de l’Orthodoxie », dimanche 2 mai 2021)