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Évangile du dimanche de Zachée : Luc 19, 1-10

L’approche de Pâques –

Quand nous entendons l’histoire de Zachée, nous savons que la Pâque approche. Jésus Christ entre à Jéricho et vient à la rencontre de Zachée ; Il vient dans son monde, certains ne l’accueillent pas, mais, dit saint Jean le Théologien, « à ceux qui l’ont reçu, à ceux qui croient en son Nom, Il a donné la liberté de devenir enfants de Dieu. Ceux-là sont nés, non du sang ou du désir de la chair, mais de Dieu » (Jn 1, 12-13). Il vient à la rencontre de Zachée, le Juste, et Il vient à la rencontre de chacun d’entre nous, et de ce qu’il y a de meilleur et de plus pur en nous. Il vient à la rencontre de notre désir de lui, de cette faim et de cette soif de vérité et d’amour que nous allons précisément cultiver pendant tout le carême pascal.

Je suis Zachée

Nous aussi, semblables à Zachée, quoique nous en soyons indignes autant que ce riche publicain, nous voulons voir Jésus ; notre carême sera une ascension ; avec ferveur, impatience et enthousiasme, nous grimperons dans le sycomore des vertus. La rencontre du Dieu Homme sera la rencontre des volontés et des libertés humaine et divine, dont témoigne saint Maxime le Confesseur dont nous faisons mémoire en ce jour. L’hospitalité de Zachée est une synergie divino humaine. Le Verbe incarné veut demeurer en nous comme chez son serviteur de Jéricho ; et nous cultivons toute notre ardeur à vouloir cette visite chez le pécheur que nous sommes. Nous aussi, nous voulons cultiver l’aumône pendant le Carême, donner la moitié de nos biens aux pauvres ; nous aussi, nous voulons réparer généreusement les torts que nous avons pu causer à notre prochain. Le vouloir de Salut, de pureté, de sainteté qui se manifeste de notre côté accueille le Seigneur qui a prévu depuis longtemps de nous rencontrer et de se faire notre hôte. Notre maison, notre cœur, notre âme également auront « reçu le Salut » ; nous aussi nous serons appelés « fils d’Abraham », fils et filles de la promesse, fils et filles de l’amour sacrificiel du saint et glorieux Patriarche ; à nous également, à nos familles, à nos paroisses, à nos diocèses, à notre pays tout entier, au monde entier qui nous entoure aujourd’hui, est annoncée l’immense consolation : « le Fils de l’Homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » !

La consolation

Immense consolation ! Immense espoir ! Espoir des désespérés de notre temps ! C’est donc vrai : Dieu sauve ! Le Seigneur Jésus Christ cherche et veut sauver ce qui est perdu, le gâchis de notre vie, le gâchis de nos sociétés, le gâchis écologique – humanité perdue, planète perdue, le Fils de l’Homme vient vous chercher et vous sauver ! La Pâque, la grande Pâque, la Résurrection qui sauve, est la réponse à nos attentes, à nos découragements, à nos désespoirs, à nos faims et à nos soifs de vie, de vérité et d’amour ! Le saint et victorieux martyr Maxime le prouve par toute sa vie. Aujourd’hui, dimanche de Zachée, est annoncé que vouloir de toutes nos forces ce que veut Dieu est la porte du miracle et du Salut. Le Christ, en sa propre personne divine, assume la nature divine parfaite et la nature humaine parfaite. En lui-même se rencontrent l’homme et Dieu. Il veut demeurer dans l’homme Zachée, et Il fait que l’homme habite en lui : « demeurez en moi », dit-Il, nous le savons bien.

L’union des volontés

La réponse à toutes nos interrogations, à celles de nos contemporains, de nos proches, de nos parents, de nos voisins, de nos ennemis, est la conjugaison divino humaine des vouloirs, des désirs, des attentes et des projets. L’histoire véritable de Zachée illustre la pensée théologique la plus profonde de l’Église du Christ et sert de phare à tout l’itinéraire du saint carême qui s’annonce pour notre joie : coopérons avec Dieu, voulons de toutes nos forces ce qu’Il veut et nous serons sauvés de la mort éternelle ; nous deviendrons en vérité fils et filles du Très Haut.

(Radio Notre-Dame, “Lumière de l’Orthodoxie”, 21 janvier 2018)