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Évangile du 5ème dimanche après la Pentecôte : Matthieu 8, 28 à 9, 1

Question de salut – 

Le message majeur de ce jour est que l’homme est sauvé par la foi. Selon l’épître, « celui qui croit du fond du cœur devient juste, et celui dont les lèvres confessent la Foi parvient au Salut ». Certains hommes ne se soucient aucunement du Salut ; le mot, pour eux, n’a pas de signification, il n’y a que cette vie, et le néant ; pour ces « insensés », comme dit le psaume, il n’est pas de Dieu. D’autres pensent à la mort, à la leur et à celle d’autrui, et se préoccupent d’une simple survie, prolongement indéfini de l’existence, immortalité ou non-mort d’un transhumanisme trompeur. D’autres croient à une vie plus intéressante que celle-ci, à son épanouissement, ou à sa mutation totale dans le mode inauguré par le Christ ressuscité.

L’accès à la Vie

Pour certains qui croient à une alternative à la mort ou au néant, il suffirait d’une extraordinaire amélioration technique, et la vie serait prolongée pour toujours, dans une jeunesse sans âge. Pour d’autres, plus profondément, il s’agit, non d’une rallonge à cette vie, mais d’une vie tout autre, une vie en Dieu, la vie éternelle : mais la question de l’accès à ce mode divin d’existence se pose. Comment être capable d’une telle vie ? Et donc : comment être sauvé, arraché à la mortalité et agrégé à la vie indicible et lumineuse que promet le Christ Dieu ?

Obéissance à la Loi

Ici encore, nous nous partageons : nous pouvons penser que, pour être agréables à Dieu, il suffit d’accomplir la Loi qu’Il nous a donnée, avec toutes ses ramifications. Puisqu’Il en est le Donateur, nous devrions pouvoir lui plaire et être trouvés justes, être justifiés devant lui et par lui, en obéissant à cette loi. Le Christ, n’en doutons jamais, bénit et sauve ceux qui mettent en pratique ses commandements, qui font la volonté du Père. Pourtant, c’est la foi qui est la source de notre obéissance à sa volonté. Aussi prions-nous le Seigneur de considérer, non pas nos œuvres, souvent loin d’être cohérentes avec sa loi, mais notre foi, la foi de son Église, celle de ceux qui nous entourent et plaident pour nous, la foi des saints.

 

L’Esprit et la Loi

Il est presque impossible quelquefois à l’homme de faire la volonté de Dieu, ou de la faire jusqu’au bout. Mais le Seigneur sait tout de nous. Il sait dans quelle mesure nous avons été sincères dans notre volonté de lui obéir. Il connaît notre cœur et le degré de notre amour. Il s’émerveillait, dimanche dernier, de la foi du centurion, et Il peut reconnaître la nôtre. En toute cohérence, si nous mettons notre foi en Jésus Christ, si nous croyons vraiment qu’Il est le Fils de Dieu, nous trouverons la force de faire ce qu’Il nous demande. En effet, c’est le même Esprit qui nous donne de croire que Jésus est Seigneur, et la grâce d’être ses disciples et de manifester son Royaume par des pensées, des paroles et des actes qui relèvent de lui.

La foi et les actes

Nous confessons alors sa Seigneurie par nos actes. Quelle valeur peut avoir une morale détachée de la foi ? Mais les actes qui témoignent de la vraie foi sont inscrits dans le monde qui vient. Une justice sans Dieu peut maintenir un ordre social. Mais penser qu’on peut être juste sans Dieu et sans la foi en lui, est une illusion ; un prétendu bien sans Dieu est diabolique, puisque Dieu est la source de la justice et de tout bien ! Et une prétendue foi privée des fruits cohérents avec la volonté de Dieu est également un mensonge. Dire qu’on aime Dieu et ne pas aimer son frère est une illusion, rappelle saint Jean. Même les démons dans l’évangile de ce jour sont purifiés par la foi et par l’obéissance ! Nous aussi, nous attendons du saint Esprit d’être purifiés ensemble par la foi et par l’action : qu’Il nous inspire la foi dans la seigneurie du Fils de Dieu et l’obéissance à ses commandements, et de prouver ainsi par des actes la vérité de notre foi.

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie » le 1er juillet 2018)