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Évangile du 3ème dimanche de Carême (la Croix) : Marc 8, 34 – 9, 1

Mi-temps ! – 

Dimanche de la Croix ! Nous voici à la mi-temps du Carême ! Comme le temps passe ! Et moi qui n’ai pas commencé ! Aujourd’hui, je commence ! Aujourd’hui, je me lève et je m’avance vers la Croix Source de vie, Source de joie, Source de liberté, Source d’humanité ! Source de connaissance parfaite de la vérité ! Source de mon salut ! Source de ma connaissance du Père ! Itinéraire du Paradis ! GPS du Royaume ! Réjouis-toi, sainte et vivifiante Croix, réjouis-toi ! Réjouis-toi, Bois bienheureux ! Réjouis-toi, Arbre de la connaissance du bien et du mal ! Réjouis-toi, Arbre de la vie ! Réjouis-toi, deux arbres en un seul ! Réjouis-toi, Milieu du Jardin de délices ! Réjouis-toi, Milieu du délicieux Carême !

La Croix de Vie

La Croix, loin d’être un symbole abstrait, est le signe vivant de la Présence, de la Parousie du Seigneur. Par la Croix, le Vivant revenu d’entre les morts est parmi nous. La Croix signifie qu’Il est venu dans ma vie, qu’Il est venu dans le monde, qu’Il demeure dans ma vie et qu’Il demeure dans le monde. Par la Croix nous avons le Seigneur à demeure. Croix de lumière et de vie, Sacrement de la Présence, Sacrement de l’amour qui sauve, Signature du sacrifice non sanglant, Signature dans le sang pourtant versé par amour pour tous, pour ceux qui croient, pour ceux qui ne croient pas encore, pour ceux qui refusent de croire, pour ceux-là même qui ont mis en croix sans le savoir le Seigneur de tous les mondes !

Choisir sa croix

Et le Seigneur dit : qui veut être mon disciple, qu’il prenne sa croix. La croix que tu portes sur ton corps, que tu embrasses le matin et le soir, la croix qui restera sur toi au jour bienheureux de ton repos, cette croix est ton certificat de disciple, ton passeport de baptisé, la clé d’entrée chez ton Seigneur et ton Dieu, le code d’accès auprès de ton Maître bien aimé ! Telle est la méthode : prends ta croix, porte-la, c’est-à-dire embrasse la croix que ton Maître te tend. Si tu l’embrasses, si tu la vénères, si tu l’as choisis au lieu de la subir, si tu dis Oui à la croix que le Fils de Dieu passe à ton cou, si tu dis Gloire à la croix dont Tu me sacres aujourd’hui ô mon Seigneur et mon Roi – tu verras les cieux s’ouvrir et le Christ sur le trône dans la lumière du Père et de l’Esprit.

La prière de louange

Si tu aimes ta croix, tu accueilleras la joie du Ressuscité. En ce mitan du saint, glorieux, lumineux, savoureux et bienheureux Carême, le Christ nous apprend la prière de louange ; Il nous enseigne la célébration comme remède à la mort de l’âme et du corps ; Il fait de nous des apprentis dans son atelier de résurrection, divin Menuisier qui façonne toutes les croix par lesquelles Il veut sauver chaque personne qui choisit d’être son apprenti. Que dit le Maître ? Il dit : si tu poses tes lèvres sur la croix que Moi, ton Seigneur et ton Maître, Je te donne ; si tu en savoures le goût doux-amer ; si tes lèvres et ta bouche la connaissent, si tu la consommes eucharistiquement, si tu t’en nourris et t’en abreuves, tu ne goûteras pas la mort avant d’avoir vu le Royaume de Dieu venu avec puissance !

Le divin Menuisier

Tel est l’enseignement de notre Maître Jésus Christ aux apprentis menuisiers de la Croix. Tels sont la méthode et l’usage des épreuves en cette vie. Les épreuves de chaque jour, les épreuves choisies par ascèse en Carême, ne sont pas faites pour être subies ou supportées avec plainte. La méthode pour les traiter, la méthode donnée par le Christ, en fait des portes de lumière, des ouvertures au Royaume. Le dolorisme n’est pas chrétien. La souffrance en elle-même est odieuse. Notre culte ne s’adresse pas à elle ; il s’adresse à l’Amour en personne, le Vainqueur de la souffrance et de la mort avec qui nous avons rendez-vous au cœur de notre croix personnelle de résurrection et de gloire!

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 31 mars 2019)