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Évangile du 1er dimanche de l’Avent : Luc 10, 25-37.

Le premier dimanche de l’Avent –

En ce premier dimanche du jeûne de la Nativité, le message évangélique nous rappelle que notre religion est celle de l’amour. Elle n’est pas celle du pur et de l’impur : ni la femme hémorroïsse de dimanche dernier, impure dans le contexte de l’époque, ni le blessé du bord de la route dont s’écartent, parce qu’il est impur, le prêtre et le lévite, ne définissent la vie religieuse telle que la renouvelle le Christ. Celui-ci n’est ni un soutien de l’archaïsme religieux, marqué par les oppositions du sacré et du profane et du pur et de l’impur – oppositions qui, c’est regrettable, persistent aujourd’hui -, ni le fondateur d’une religion nouvelle appelée christianisme, ni l’instaurateur de rites nouveaux.

L’essence du religieux

Le confinement qui nous est donné à vivre à nouveau nous permet de renouer avec l’essence même de la vie religieuse : l’amour de Dieu et l’amour du prochain, au-delà du pur et de l’impur, prolongement de l’unique rite que nous ait confié directement le Christ – le sacrifice eucharistique, « faites ceci en mémoire de moi ». L’épître de saint Jacques, le premier évêque de l’histoire de l’Église, le confirme : « la religion pure et sans tache devant Dieu le Père » est le service du prochain. L’évêque de Jérusalem insiste : la foi sans les œuvres est morte. La foi seule ne sauve pas. Le Christ aussi le dit dans l’évangile de la fin des temps : « ce que vous avez fait au plus petit d’entre vous, c’est à moi que vous l’avez fait » (Matt 25, 40). La religion n’a pas très bonne presse par les temps qui courent. Justement, le temps de l’Avent, ce carême de Noël, et le nouveau confinement, constituent des opportunités providentielles.

Une réévaluation

Le Seigneur nous invite à réévaluer notre conception de la religion et notre comportement religieux. La dimension rituelle et sacramentelle sera un peu moindre, encore que nous continuons à célébrer, même à effectifs très réduits, le saint sacrifice aussi régulièrement que possible, conscients de célébrer pour le Salut du monde. Mais, une place plus importante est offerte à l’amour fraternel, au service des innombrables pauvres qui habitent nos pays et la planète. Ne cessons de penser à tous ces misérables qui sont à notre porte, et dont Lazare est le porte-parole. Pourtant, cette religion où la pratique prouve la vérité de la foi, n’est pas un simple moralisme.

L’amour du Christ Sauveur

Nous ne suivons pas une morale humaine, des préceptes humanitaires généraux. Non : nous suivons le Seigneur Christ, sa parole et son exemple : « va, et, toi aussi, fais de même… », nous dit-Il. Le dévouement au prochain découle de notre amour pour le Christ et de notre foi en lui. Nous sommes les membres de son corps, Il est notre Tête, et nous sommes les instruments et les agents de son amour dans le monde. Aujourd’hui, dans un monde secoué par le fléau, un monde où l’on décapite et où l’on poignarde presque tous les jours, l’amour du Christ pour l’homme se répand par le ministère de ses disciples, et de ces innombrables personnes qui, le sachant ou ne le sachant pas, font la volonté du Père et se penchent sur l’humanité blessée gisant sur la grande route de la condition humaine. Les commandements sont des énergies divines qui nous propulsent à la ressemblance du Christ.

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 15 novembre 2020)
> icône de saint Jacques