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Dimanche du Paralytique : Jean 5, 1-15

Catéchumènes etnéophytes –

Les lectures liturgiques qui sont données après Pâques sont proposées aux nouveaux baptisés, ces « néophytes », jeunes plants de la Vigne, bourgeonnant déjà et promettant des fleurs et des fruits. Celles du grand Carême, nous nous le rappelons, étaient choisies pour les catéchumènes, devenus maintenant chrétiens par le saint baptême. L’évangile de ce jour rappelle aux néophytes que seul le Christ baptise. C’est Lui qui répond à la demande de baptême – « je n’ai personne pour me jeter dans la piscine » – par le miracle de la marche et de l’itinéraire spirituels : « marche ! » Et, après l’immersion, le nouveau baptisé accomplit un tel voyage mystique autour de la Parole et du baptistère, tandis que résonne le chant « vous tous qui avez été baptisés dans le Christ ».

La vie nouvelle

Porter son grabat, c’est toute la vie nouvelle du chrétien, qui assume la condition humaine avec la force créatrice que lui communique l’injonction du Christ. En entendant cette parole évangélique, le néophyte pensera à lui-même et à la vie unique qui lui vient du Père céleste par le saint baptême, la sainte chrismation et la non moins sainte eucharistie, triple initiation chrétienne. Le baptême,  surtout le baptême d’un adulte, fréquent de nos jours, marque une frontière indélébile, définitive et irréversible entre notre vie d’ignorance de Dieu et d’involontaires et inconscients péchés, et une vie d’athlètes spirituels et de soldats du Christ, adonnés tous les jours au combat spirituel, dans l’esprit du dialogue pré baptismal : renonces-tu à Satan et à toutes ses illusions ? – j’y renonce ! Te joins-tu au Christ et à son Église ? – je m’y joins !

Se garder du péché

C’est au néophyte qu’est adressée la phrase bien significative : « Tu es devenu en bonne santé; ne pèche plus, de peur qu’il ne t’advienne pire. » Le péché est interprété, non de façon morale ou juridique, mais comme une pathologie. La maladie est ici la paralysie, non seulement du corps, mais encore de l’âme, cette incapacité de se mettre en mouvement pour faire la volonté de Dieu. L’image de la paralysie est très fréquente dans l’Évangile, indiquant une personne qui voudrait bien œuvrer pour le bien et qui ne le peut pas. Ceci définit la grâce baptismale comme capacité charismatique à vivre en Dieu et selon ses commandements, comme liberté de faire le bien. Et souvent, comme c’est regrettable, le baptisé retombe dans des péchés anciens et pardonnés : il se trouve alors dans une situation pire que la vie d’où il vient.

Une évolution infinie

Cette parole, nous le comprenons, constitue un avertissement pour les néophytes, ces ci-devant catéchumènes ; mais c’est un avertissement pour tout chrétien. La vie nouvelle dans le Christ et avec lui est devant nous. Elle un progrès indéfini dans la communion à notre Maître et Seigneur ; un projet d’évolution infinie pour l’homme à l’image et à la ressemblance de Dieu. Ce programme enthousiasmant ne supporte pas que l’homme perde du temps à regarder en arrière ! C’est pourquoi le Sauveur dit : Lève-toi et marche !

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 29 avril 2018)