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4ème dimanche de Carême, st Jean Climaque : Marc 9, 17-32 et Matthieu 4, 25 à 5, 12.

Le mystère du baptême –

L’évangile de ce 4ème dimanche de Carême se rapporte directement au mystère du baptême : la sainte quarantaine en effet est depuis l’origine un temps de préparation des catéchumènes. Ce qui se rapporte d’abord ici au baptême est l’exorcisme. Le Verbe incarné, en venant dans le monde, a vaincu le pouvoir de Satan ; et toute célébration du saint baptême est, pour cette raison, précédée par l’expulsion de la puissance diabolique. Sur le plan ascétique, si important pendant le Carême pour ceux qui sont déjà baptisés et qui aspirent au renouvellement de la grâce baptismale, les diverses pratiques offertes par la Tradition consistent également à exorciser de notre propre vie le pouvoir du Malin : l’abstinence, alimentaire ou sexuelle, le jeûne total plus ou moins long, la demande mutuelle de pardon entre frères, l’aumône et le service des pauvres, la veille, la lecture de la Parole – tout cela tend à nous purifier, non seulement des suggestions diaboliques, mais de l’empire qu’elles ont déjà pris sur nous en inversant les passions naturelles. Le péché est le symptôme d’une créature asservie au Prince de ce monde.

L’exorcisme par le repentir

L’expérience la plus forte que le croyant peut faire de l’exorcisme personnel est le repentir : la grâce de Dieu agit en nous par un amour si grand de la volonté divine qu’il produit la haine du péché – tout ce qui nous sépare ou nous a séparés de notre Maître bien-aimé. Ainsi le mystère du baptême se retrouve à plusieurs registres de notre expérience. Mais, dans l’évangile de ce jour, ce mystère est signalé fortement par le charisme de la foi. Au cœur de l’action de purification et de sanctification qu’opère la Seigneur Jésus, il existe la foi humaine, faible ou forte et, d’une  façon qui nous touche par sa sincérité, le grand désir de la foi. Cette aspiration à une foi plus grande est celle des catéchumènes et elle est également celle des baptisés.

La puissance de la foi

C’est par excellence la foi qui détruit l’empire du Prince de la mort. Et, précisément, la parole évangélique culmine ici dans la figure et l’annonce de la résurrection. Parce qu’existe la foi, l’homme passe de la mort à la vie par la puissance du Christ. Le Christ Lui-même se présente comme le grand Vainqueur en disant de lui-même : « trois jours après avoir été mis à mort Il se relèvera ». Croyons en lui ! Voyons combien, de dimanche en dimanche, le saint Carême n’est autre qu’une glorification continuelle de la Résurrection dont la puissance s’accomplit dans le baptême, par la foi, la purification, et le passage de la mort à vie. Notre vie de baptisés trouve en ce temps son renouveau. Le Carême est vraiment une période de jouvence : le saint Esprit y agit continuellement, en synergie avec notre foi et notre sincère volonté de faire celle de Dieu, pour nous consoler en nous révélant l’œuvre passée, actuelle et future, du Verbe par cet amour pour les hommes qui a sa source première dans la personne du Père. À lui la gloire dans tous les siècles !