« Le Christ est ressuscité !     En vérité, Il est ressuscité !»

Évangile du dimanche après Noël : Matthieu 2, 13-23

St Joseph

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L’humanité véritable de Dieu –

Cet évangile du dimanche après Noël est à la fois horrible et instructif. Le Fils de Dieu démontre son humanité véritable en assumant la condition humaine dans ce qu’elle a de plus fragile. Il aurait pu venir parmi les hommes de façon triomphale et manifester facilement sa puissance de Créateur en balayant comme des moustiques tous les méchants de ce monde. Il a choisi de souffrir au contraire ce que souffrent les humains et, en l’occurrence, ce que souffrent les enfants ou, en tout cas, nombre d’enfants. Nous le savons : sans parler même des millions d’enfants exterminés à quelques mois dans le ventre de leur mère avec l’assentiment des lois de ce monde, pensons à tous ces petits qui, sur la terre, dans des pays moins confortables que les nôtres, sont soumis à la faim, à la maladie, voire à la destruction systématique.

L’Innocent

L’enfant, de tous les temps, est l’Innocent contre lequel viennent s’écraser les pouvoirs. Il semble que c’est lui qui est écrasé, mais le mur de son innocence n’est pas renversé. Il est atroce que des enfants soient exterminés ; le cri des parents, des mères en particulier, est insupportable. Mais nous apprenons beaucoup de ce récit historique. Nous apprenons la vanité des pouvoirs, la présence du monde angélique et comment le Seigneur sait parler à l’intelligence et au cœur des bonnes personnes comme Joseph pour les guider et les sauver. Nous apprenons que tout ce qui a lieu dans ce monde est conforme à la parole de Dieu, qu’on appelle l’Écriture, parole divine transmise par l’Esprit saint dans la bouche des prophètes.

La permissivité divine

Saint Jean Chrysostome le rappelle souvent : rien n’échappe à l’omniscience de Dieu qui accomplit ce qu’Il veut et permet ce qu’Il pourrait empêcher. Cela peut nous scandaliser plus même que l’horreur des massacres. Comment un Dieu si bon, si sage, si prévenant, si patient, laisse-t-Il se faire des abominations qu’Il pourrait interdire ? Qu’est-ce que ce Dieu dit Tout-puissant et Souverain qui laisse égorger des nouveau-nés, ou avorter légalement ? L’Esprit saint répond à cette question en nous montrant en Jésus Christ le Verbe fait homme pour souffrir Lui-même en Personne tout ce que souffrent les hommes. Il semble ne pas intervenir et laisser le mal triompher ? En réalité, c’est lui qui prend de plein fouet tous les coups que reçoivent les hommes, les femmes et les enfants. Dieu souffre dans la violence faite aux femmes.

L’amour plus fort

Incompréhensible et révoltant pour la plupart d’entre nous, là est pourtant le mystère du Salut de ce monde. Sauvé du massacre comme le fut Moïse, le Verbe a remis à l’heure du Golgotha d’assumer toutes les souffrances. Quand nous écoutons de toute l’oreille de notre cœur la parole évangélique, nos consciences illuminées par l’Esprit voient que, dans la spectaculaire défaite des petits, des faibles et des innocents devant le pouvoir de ce monde, et les formes diaboliques que prend ce pouvoir, il est une vraie victoire. Jésus est vainqueur. L’amour est vainqueur. Sur la Croix de la condition humaine, le Verbe enfant comme le Verbe homme achevé gagne sur la haine par l’amour, sur l’ineptie par la sagesse, sur les ténèbres comme Lumière…

(a.p. M.-A. Costa, Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 26.12.21)