« Le Christ est ressuscité !     En vérité, Il est ressuscité !»

Évangile du 6ème dimanche après la Pentecôte : Matthieu 9, 1-8.

ST NECTAIRE 2010

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Jésus est le Verbe fait homme –

L’évangile que nous venons d’entendre nous montre dans le Christ le Maître par excellence. Nous comprenons bien qu’Il manifeste sa divinité, puisque seul Dieu peut remettre les péchés ; et, le miracle qu’Il accomplit par sa seule parole – « lève-toi, prends ton grabat et rentre chez toi » – est également une preuve de sa divinité. Nous assistons ici, comme dans nombre de passages du saint Évangile, à une « théophanie », une manifestation de Dieu, et, plus particulièrement, à une manifestation de la divinité du Seigneur et Sauveur Jésus Christ. Celui que nous appelons ainsi Seigneur, c’est-à-dire du nom hébreu d’Adonaï, est bien celui dont la parole est créatrice, cette parole qui fit exister dans la succession des jours ce qui n’était pas : le ciel, la terre, la mer, les quatre éléments, et tant de belles créatures incorporelles ou corporelles qui font, avec l’homme, la richesse et la beauté de la Création.

La liberté qui libère

Il est, comme Il le dit Lui-même, Celui qui a « la liberté de remettre les péchés » ; Il est, non seulement le Fils de l’Homme, mais le Fils de Dieu et Dieu lui-même. Le Christ n’est pas un thaumaturge ou un magicien : Il est Seigneur avec le Père et l’Esprit. Ce récit sert du reste de référence dans l’Église, à la fois au sacrement des malades, qu’on pourrait appeler plutôt le sacrement de la guérison, et au sacrement de l’absolution et du pardon des péchés. Les grands sacrements chrétiens sont des actes du Christ par le saint Esprit, à l’intérieur de son propre corps qui est l’Église et c’est pourquoi ils sont toujours le prolongement d’un épisode évangélique.

Le type pastoral

Mais dans cet évangile, on peut voir également dans le Christ le maître spirituel, ce pasteur dont nous avons tellement besoin à notre époque. Un ascète doué d’un tel charisme, comme en notre temps saint Nectaire d’Égine ou saint Porphyre d’Athènes, discerne les pensées dans le cœur des hommes avant même qu’ils ne les expriment, avant même, quelquefois, qu’ils en aient eux-mêmes conscience. Le Sauveur donne l’exemple du charisme pastoral, du type de guide et de chef qu’Il veut voir accompagner avec Lui-même son peuple saint. Lisons la vie des saints, celle de saint Martin ou de sainte Geneviève et de bien d’autres, et nous voyons ce charisme du discernement des pensées à l’œuvre dans la communauté des baptisés. Les saints lisent dans les cœurs avant même que les fidèles n’avouent les pensées qui les agitent. Rappelons-nous comment le Sauveur savait tout de la Samaritaine. Dieu sait tout de nous, et les saints reçoivent souvent du saint Esprit le même charisme divin. Non seulement ils discernent les pensées cachées, mais ils évaluent la foi de leur interlocuteur.

Discerner et choisir ses propres pensées

Mais cet épisode nous instruit également sur le fait que nous pouvons nous-mêmes apprendre à discerner les « pensées de notre cœur ». Une des formes principales de l’ascèse est celle de la pensée, en tant que faculté, et des « pensées » que sont les suggestions et les idées qui se forment dans notre esprit ou dans notre cœur. Les unes viennent de l’intérieur ; les autres sont hétérogènes : elles viennent de l’entourage, de la culture, de la mode, quelquefois inspirées par le Malin. Ces dernières sont des pensées destructrices, tendant à la division, à la calomnie, au jugement et, directement ou indirectement, au meurtre. Le Christ enseigne que ce qui advient à notre esprit descend dans notre cœur, ce lieu de la volonté. Les pensées agréables à Dieu également tendent à descendre dans le cœur ; mais les pensées morbides y font des ravages et produisent des représentations, des paroles, et bientôt des actes qui n’ont plus rien d’un disciple du Christ.

L’expérience des maîtres

Des maîtres de l’ascèse évangélique, comme Isaac le Syrien, Jean Climaque, Jean Cassien ou Dorothée de Gaza, enseignent par expérience la triple origine des pensées : de Dieu, du Malin ou de nous-mêmes. Celui qui, par amour pour la pensée du Christ, discerne et gère les pensées qui l’habitent devient un citoyen du Royaume, un homme libre et un serviteur du prochain. A l’inverse, l’absence de discernement, ou le refus d’exercer sa liberté pour choisir les pensées qui nous font ressembler à Dieu, conduit aux guerres, aux injustices et à la ruine.

(a.p. Marc-Antoine)
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