« Le Christ est ressuscité !     En vérité, Il est ressuscité !»

La Philocalie est-elle pour nous ?

13 aout MAXIME 2008

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La bible hésychaste –

Philocalie est le nom donné à un important recueil de textes ascétiques et théologiques qui se réfèrent directement ou non à la prière du cœur selon la tradition des Pères. Cette sorte d’encyclopédie de l’expérience de Dieu met l’accent sur l’acquisition de l’amour du Christ. « Philocalie » veut dire « amour de la beauté » ou « beauté de l’amour » : la personne humaine peut connaître, en mettant toute sa foi en Dieu et en se reposant sur sa miséricorde, l’émerveillement et le saisissement de l’esprit par la beauté de la vérité divine. « Bienheureuse l’intelligence qui a dépassé tous les êtres et ne cesse d’avoir ses délices dans la beauté de Dieu ! » (saint Maxime le Confesseur)

Universalité de la Prière

Les beaux textes d’ascètes grecs, syriens ou roumains ont été publiés d’abord en grec par saint Nicodème l’Agiorite. Ils ont été traduits en russe sous l’influence de saint Paissy Velichkovsky, ainsi que, au vingtième siècle, en anglais et en français. Père Dumitru Stàniloae en a donné une version roumaine complète qu’il a augmentée de plusieurs textes philocaliques roumains. Ces pages rédigées par des moines et proposées à eux, ont été vulgarisées par de nombreux extraits dans la culture religieuse du peuple orthodoxe, notamment russe. On connaît les récits du Pèlerin russe, dont le personnage principal voyage en portant avec lui la Bible et la Philocalie ; et surtout, il prononce lui-même de façon continuelle la sainte prière : « Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur ! »

La méthode hésychaste

L’hésychasme, qui est le courant mystique auquel se rattachent les textes de la Philocalie, est l’expérience séculaire d’une méthode d’oraison qui se concentre sur le Nom de Jésus. Méditation chrétienne, elle suppose la vraie foi, celle qui reconnaît en Jésus Christ le vrai Dieu et le vrai Homme, suivant le témoignage des Conciles universels ou « œcuméniques » de l’Église. Sans la foi chrétienne, une telle prière serait la simple répétition, dangereusement mécanique, d’une formule ou d’une autre, destinée à soutenir simplement la concentration. Certes, la concentration est indispensable ; l’attention soutenue est la forme de l’oraison : mais la confiance totale en Jésus Seigneur et l’amour exclusif de lui constituent le contenu de l’expérience religieuse elle-même.

L’amour pour le Seigneur

Plus nous aimons le Seigneur Jésus, plus nous prononçons son Nom chéri avec tendresse et émerveillement, plus la beauté de son message de vérité, la beauté de sa personne divine même, se saisissent de notre esprit et le conduisent à s’immerger dans le cœur, ou centre de notre personne. L’esprit philocalique et hésychaste est vraiment le critère de la tradition orthodoxe des saints Pères. Loin de tout dogmatisme, notre théologie est une mystique, une théologie pleine d’émerveillement et d’adoration, nourrie de la beauté et de la bonté où le Seigneur se révèle – révélation est synonyme de vérité libératrice.

L’anthropologie patristique

La Philocalie est porteuse d’une anthropologie caractéristique. Le composé humain biblique de l’âme et du corps est précisé par la présence de l’esprit de l’homme, insufflé au principe de son modelage par la Divinité, et par celle de l’Esprit, Personne divine dont les diverses formes de grâce pénètrent l’existence de la personne baptisée. L’expérience philocalique est l’expérience du Verbe fait chair et fait homme, et elle est simultanément l’expérience du saint Esprit, et de la dimension de l’esprit congénital à l’être humain. Le mot esprit désigne du reste plusieurs modes de perception de la Divinité en nous et en dehors de nous : c’est, ou bien l’inspiration ou souffle divin qui rend notre âme vivante, ou bien la faculté intuitive qui est à la pointe de notre âme, ou bien encore l’intelligence, notre capacité d’être illuminés par la connaissance de Dieu révélé.

Pour notre temps

La Philocalie, le message et l’expérience qu’elle porte, s’adressent tout particulièrement à  notre époque. D’une part, la prière du Nom est adaptée au mode de vie qui est le nôtre : elle ne suppose aucun instrument, aucun lieu particulier, aucune circonstance favorable ; elle peut être prononcée à n’importe quel moment et en n’importe quel lieu, aussi longtemps que l’homme respire. Elle est ainsi libre de toute technique, dans une civilisation marquée par la technologie. D’autre part, c’est une prière qui arrache l’homme à l’angoisse de la mort et à la pression du désespoir, parce qu’elle est la culture même de la miséricorde que le Seigneur déverse sur nous. Elle met l’accent sur le repentir comme arme absolue pour nous « délivrer du Malin », comme nous l’a enseigné le Christ.

Dans une paroisse, dans une famille, entre amis, à la maison, dans une forêt ou le long de la mer, prononçons sans nous lasser et avec un bonheur indicible le Nom béni du Seigneur Jésus ! 

(a.p. Marc-Antoine)